Tout dépend de l’idée que l’on s’en fait…

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Parfois, lorsque les circonstances s’obstinent à être contre moi, j’essaye de les transformer en courants d’air. Mentalement, s’entend. Après, cela ne veut pas dire que je ne me lève pas pour aller fermer les fenêtres, non, mais je le fais dans le calme, en évitant de considérer que oui, forcément, la bise va se transformer en tornade. Et si je fais cet exercice, c’est parce que je me connais un peu. Je me sais capable de faire d’un problème (attention il y a problème et problème bien sûr!) une obsession, de cristalliser la chose dans ma tête, dans mon corps, et ça devient pour le coup, totalement irrespirable. Et quand un problème s’ajoute à un autre, je redouble de vigilance. Car finalement la résonance du problème vient surtout de l’importance qu’on veut bien lui accorder (j’insiste sur le fait qu’il y a tout de même problème ET problème.) Je ne vous dis pas que je suis toujours assez souple pour parvenir à mes fins, ni même que ma gymnastique ne me laisse pas parfois quelques courbatures, mais qui ne tente rien n’a rien. Et j’ai un penchant pour la ténacité. Trop parfois.
Tout ça pour vous dire que tout est affaire de perception. C’est ce que nous explique Ruwen Ogien, chercheur au CNRS dans son livre au merveilleux titre: « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine. » Un ouvrage incroyablement pertinent qui ne cesse de faire sourire tant ce qui y est dit, est juste là où cela pourrait sembler scandaleux. Un recueil de problématiques qui nous laisse égarés devant notre façon de percevoir le monde et les êtres. Sommes-nous dans telle ou telle situation, des monstres ou des saints?? Allez jeter un oeil, vous allez être surpris…

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Résiste. Le 17 sept 2011.

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Je déteste me faire avoir.

Du coup, il m’arrive d’avoir un réflexe étrange. Parfois, lorsque j’ai un doute, devant un garagiste, un banquier, un entrepreneur, que sais-je… Je sors mon petit panneau: « J’en parlerai à mon mari, et reviendrai vers vous ensuite. » Mon affichette (dont le but justement est d’essayer de ne pas tomber dans le panneau) a l’allure d’une photo jaunie, les femmes de nos jours décident aussi, RESISTENT. Pourtant, comment se le cacher, avoir un homme planqué derrière soi, protège.

Alors oui, c’est malheureux à dire, mais les gens sont plus attentifs, plus méfiants, lorsqu’ils sentent autour de vous quelque chose comme de la puissance, du pouvoir, le symbole d’un attribut mâle, qui plus est lorsque la couille n’est pas molle. Je vous surprends? Tant mieux. Mais expliquez-moi quelque chose: Pourquoi dit-on parfois au lieu de: je me suis fait avoir… je me suis fait baiser?…
On peut détester l’un, et apprécier l’autre!

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La nuit, tous les chats ont le même âge.

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Dans la vie, il y a des pièges. Plein. Il y a ceux qui emprisonnent, et ceux qui font plus de mal encore. Ceux que l’on pressent, et ceux auxquels on ne s’attend pas du tout. Face au terrain miné, deux sortes d’attitudes possibles: Etre aux aguets pour tenter de repérer les mauvais filets avant d’aller s’y empêtrer, ou bien avancer, yeux mi-clos.
Julie m’épate. Elle est de celles qui n’ont peur de rien, jouent avec le destin, aiment prendre des risques. Cet été, un homme l’a contactée via internet, il avait aimé son site, en parlait joliment, et désirait la voir pour en parler encore. Bref, il la trouvait INTERESSANTE. De ce fait il voulait la voir vite, d’ailleurs il n’aurait pas dû être à Paris ce jour-là, il avait raté son train, ça ne lui arrivait jamais, c’était un signe. Quand il m’a dit ça m’a expliqué Julie, je n’ai pas vraiment tilté, mais quand il a ajouté qu’il devait ranger son appartement et qu’il lui fallait au plus vite une motivation, alors là j’ai tout de suite compris où il voulait en venir. Ah ouais? Ai-je dit totalement interloquée, dans l’impatience amusée d’avoir la suite de l’histoire. Il m’a adressé quelques photos- a embrayé mon amie- un beau mec fin et musclé, de 20 ans de moins que moi… Il était tellement sympathique et drôle dans sa façon de me dire qu’il avait envie que je vienne lui rendre visite le soir même chez lui, que je n’ai pas hésité longtemps… J’ai interrogé mon miroir, ai estimé que la nuit tous les chats sont gris et ont le même âge, et j’ai traversé Paris pour rejoindre mon bel hidalgo.

Et… Julie n’a rien regretté. Oui, enfin tu as pris des risques tout de même, lui ai-je dit dans un élan mi envieux, mi réprobateur. Oui m’a-t’elle répondu, mais je suis obligée de vivre comme ça, sinon je ne me sens pas exister, et c’est très douloureux. Avis aux hypersensibles.

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L’aventure, c’est l’aventure…

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Jo Dassin, évidemment!

Eté, moment figé. Le soleil nous plaque au sol, aux arbres les feuilles ne faseillent plus, stagnation de l’air, cessation des affaires, épousailles de la mer avec l’horizon.

A chacun sa façon de convoiter cette immobilité retrouvée, ou de la combattre, en s’inventant des solutions de transit, des modes de vie transitoires.

Mon fils aîné, lui, avait décidé de rejoindre les cigales et le bleu de l’horizon varois, à vélo. De Paris, ça fait tout de même une trotte. Notamment dans la tête lorsque 15 jours durant il faut pédaler sans débander, sans la moindre faiblesse, sauf le soir où tout seul sous la tante plantée dans un champ nu, on s’écroule d’épuisement, ce qui permet d’éviter de continuer à mouliner…

Fière de sa force de caractère et de son endurance physique, je peux terminer l’été en remerciant les anges (le sien, le mien, un grand merci collectif à tous les anges gardiens!) qu’il ne lui soit rien arrivé… De mauvais, s’entend!

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Façon Thelma et Louise, Partir. Le 2 août.

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Vous êtes dans la rue, au bureau, à la poste, chez le boucher, le coiffeur, le dentiste, que sais-je… Et brusquement vous entendez comme dans un haut parleur, une information, qui vous est transmise. On vous explique qu’à la suite de conditions atmosphériques totalement imprévues, inconnues, donc incertaines, le monde entier va être chamboulé, comme si d’un puzzle on secouait les pièces, sans savoir si on pourra ensuite remettre de l’ordre dans ce chaos. Inutile d’essayer de repasser chez vous, pas le temps, de toute façon ça y est, le monde est en marche, et nul ne sait où vous serez demain. Contraint et forcé vous partez donc, à l’aventure. Pas forcément avec les gens avec lesquels vous souhaitiez partir. Les cartes sont battues, faudra voir ensuite celles qui sortent du jeu. Sujet à mûrir, nous n’en sommes pas là.
Je me sens un peu partie. On dit cela quand après avoir bu un peu, on se sent aimablement joyeux, délicatement distant, comme si les soucis s’éloignaient de vous, vous rendant à l’enfance, à l’insouciance, à l’innocence.
Je me sens un peu partie. En vacances. Voiture de sport décapotable et chauffeur. Je mettrai un foulard que je nouerai derrière ma nuque, des lunettes noires, et façon Thelma et Louise, j’entamerai un road trip. Et comme il est de bon ton de revenir de ses vacances « absolument enchantés », l’histoire sera sublime, forcément sublime. Le puzzle pourra même retrouver de sa cohérence.

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Caresse le, il deviendra vicieux.

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L’un n’empêche pas l’autre. Elle me fait trop rire LA Fontaine.

Je suis obligé d’annuler, j’ai un empêchement…
Ah oui? Ah bon? Un empêchement? Mais quel genre, d’empêchement, a-t’on envie de dire…
Parce que l’empêchement, ça reste très vague. Prétexte ou réalité?
Dans un cadre professionnel, passe encore… Mais dans la vie personnelle, tout de suite le mot prend une connotation quasi abyssale… j’ai, un empêchement. Le mot est long, lourd, rêche, il pèse dix tonnes dans votre poche et vous fait couler en eau froide.

Désolation en salle de rédaction ce matin. Il est désolé, il ne peut finalement pas partir en vacances avec moi, il a un empêchement. Un empêchement? Il t’a dit, j’ai, un empêchement? Oui.
Traits muets et groguis de la bien jolie jeune femme rousse qui prononce ces mots. Ça m’est tombé dessus, ajoute-t’elle. Bref, la belle flamboyante a reçu un empêchement sur la tête. Elle est sonnée.

Et tu as répondu quoi? J’ai répondu rien, j’ai mangé rien, j’ai dormi rien. Je me sens dévastée. Finalement, c’est peut-être tout ce que je mérite…

Alors, si on récapitule, il est en péché parce que tu le mérites… Chouette, la culpabilité, un de mes sujets favoris.

C’est moi, à force d’être empêtrée de moi-même, de me sentir vieillir, je lui tends un sale miroir, et ça l’empêche d’avoir envie.

Piouuuu, là fallait mettre un peu de légèreté, parce que moi, les femmes qui se culpabilisent de vieillir, ça me fait mal. Ma cocotte, j’ai dit, j’ai ce qu’il te faut. Lis le « le journal intime et visuel d’une aventurière du sexe » de Liz Earls. C’est revigorant. Corps abîmés, visages fanés, qu’importe! C’est la puissance sexuelle qui se dégage de toi qui compte, nous dit l’auteur. Pas d’âge pour être désirée. Même flétrie, ce livre te montre que tu peux attirer les ardeurs d’un homme. Paraît que plus tu fais l’amour, plus tu l’attires. C’est magnétique. L’amant attire l’amant en le flairant sur le peau de la dame!

Logique du cercle selon Ionesco! Caresse le, il deviendra vicieux…

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Tenir le coup. Paris, le 17 juillet.

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Pardon, je m’étais endormie…

Tout ce temps? Sans doute allez-vous avoir du mal à me croire…

… Et vous aurez raison. Vous m’avez crue partie en vacances? Bottant en touche, louchant vers l’horizon, oubliant, oubliant tout… Peut-être ou sans doute aurais-je aimé, mais ce n’est pas le cas. Juste, je serrais les fesses, les mâchoires, les entrailles, période un peu lourde, pour tenir le coup. Tenir le coup? Oui, tenir le cou, comme un bébé qui ne saurait pas encore le tenir tout seul, et qu’il faudrait soutenir, là, à l’arrière du crâne. Rien de grave pourtant je vous assure, fallait simplement rétablir le tir, pour que le coup, justement, ne parte pas n’importe comment.

Nous ne faisons pas que recevoir le monde. Nous en sommes les créateurs actifs. Je fais souvent de l’été, cette période de vacances (!) une terrifiante zone d’abandon dont je ne réchapperai pas. J’ai changé mon fusil d’épaule, pour que la perception douloureuse que j’ai de cette période, cesse de n’être que le fruit d’une sordide hallucination. Voilà c’est mieux ainsi. Plus question de ne pas en réchapper. Juste de m’échapper. Et ce n’est pas pour ça, que nous allons nous perdre.

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Cette idée du viol qui nous laisse en état de sidération.

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Troussage de domestique, tiens, tiens, ça ne date pas d’hier ça dites-moi…

Tous, nous avons été sidérés, au sens premier du terme, par l’affaire DSK. Sidérés qu’un viol ait éventuellement eu lieu et soit ainsi porté sur la place publique, sidérés que finalement…

Démission quasi immédiate du FMI, mise en examen d’un homme de haut pouvoir. Tout cela aurait-il eu lieu auparavant? Aurions-nous avancé un peu sur le front du féminisme? Les femmes commenceraient-elles à être écoutées, prises en compte? Autrement que comme des corps sans tête exposant de la lingerie féminine, des corps sans visage, sans identité donc, contrairement à ces messieurs que l’on exhibe en sous-vêtements jusqu’à la racine de leurs cheveux, le visage lumineux, tendu. Les femmes auraient-elles bientôt pleinement plaisir à s’entendre dire qu’elles sont jolies, plutôt que de préférer être avant tout considérées comme intelligentes…

Mais revenons à cette affaire à rebondissements qui, à plusieurs reprises nous a collés sur le flanc, faisant ressortir de nos inconscients collectifs des bribes remontant à des temps préhistoriques, de sales relents d’indignation, d’écoeurement, qui nous meurtrissent parfois.

Au delà du dégoût, et de tout ce que cette histoire probablement pas loin d’être achevée a remué en nous, il aura été vraiment intéressant de constater à quel point, tous, dans des genres différents, nous nous sommes sentis concernés. Et pas seulement parce qu’il s’agissait d’un homme de pouvoir. Cette Affaire nous aurait-elle fait revisiter un côté sombre de notre Histoire? Un temps dont nous gardons des cicatrices…

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Le talent, c’est d’avoir envie!! Le 26 Juin.

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Les conversations en bord de zinc, le matin au réveil, décidément, c’est épatant. Surtout quand les protagonistes se sont couchés tard, beaucoup trop tard, de quoi flanquer une bonne fessée aux neurones et autres synapses, chargés de surmoiser, voire d’inhiber le sujet.

Ce matin, le soleil lui non plus ne ménageait pas ses effets, n’ hésitait pas à nous éclabousser de lumière pour nous rendre à nos libertés…

<< Il veut toujours que je lui dise que je l’aime… >> A lancé Julie dans un soupir exténué. J’ai compris qu’elle ne lisait pas ces mots sur le JDD que nous essayions de partager. Alors j’ai vite fermé le journal, rapproché mon chocolat, la discussion m’intéressait.

<< Et?… >> Ai-je doucement demandé pour ne pas prendre le risque de voir le dialogue s’effondrer trop tôt.

<< Et pour moi c’est un problème. C’est quelque chose que je redoute de dire.

- Ah oui? Et tu perdrais quoi à le lui dire, tu crois?

- C’est un engagement, un aveu, une façon de dire à l’autre qu’on l’accepte tel qu’il est, et surtout chaque fois que j’ai prononcé ces mots l’Histoire s’est arrêtée… Alors évidemment…

- Ah bon? Mais quel rapport?

- Je ne sais pas, trois jt’aime plus tard ça c’est mis à ronronner, on a commencé à s’ennuyer, et puis le quotidien s’en est mêlé…

- Mmmmm et si tu prenais le parti de ne pas calculer, de dire ce que tu as envie de dire quand tu as envie de le dire… Je t’aime, finalement, c’est peanuts… Regarde tu aimes tes enfants, ton chien, le café de paulo… Hein Paulo? >>

Torchon à l’épaule, Paulo s’est mêlé à notre conversation:

<< C’est quoi le sujet du jour les petites dames?

- Devine…

- Ah. La question du  jour alors?

- Dire ou ne pas dire, je t’aime…

- Ah, ça! Les hommes ont un peu de mal quand même. On n’apprend pas aux petits garçons a exprimer tellement leurs émotions, si?

- Arrête Paulo avec tes prétextes à deux balles… Il y a un moment où l’éducation a bon dos, tu ne crois pas? Et puis là, contrairement à ce que tu pourrais penser, on parlait des femmes qui ont du mal à le dire, pas des hommes, comme quoi… Bref, de toute façon tout ça reste très mystérieux. Je suis allée au cinéma voir « Ne pleure pas », vous savez ce film avec Benjamin Biolay qui fait la gueule tout le long… Ça casse pas trois pattes à un canard mais ça montre à quel point un destin tient à peu de chose. Biolay épouse une femme et on a envie de lui crier qu’il se trompe, que ce n’est pas celle-là qu’il aime, qu’elle ne sera pas même une bonne compagne de route, vous voyez… Comme à guignol quoi!

- Et ça finit comment?

- La morale de l’histoire: On n’est jamais sûr de rien, sauf de mourir un jour…

- Quel scoop! >> A dit Paulo en ramassant nos tasses.

Etre ou ne pas être aimé, telle n’est peut-être pas la question. Plus j’avance, plus je pense que l’important dans la vie est plus d’être désirant que d’être désiré. Ça donne envie de penser, de faire, d’aimer, sans plus attendre. Et puis de toute façon, le désir de l’un entraîne le désir de l’autre, non?

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La plus perdue de toutes les journées serait-elle celle où l’on n’a pas ri?

Image de prévisualisation YouTube Philippe connaît ses auteurs, lui!!

Voilà qui ne risque pas de m’arriver. De passer une journée sans rire. J’aime rire, bêtement ou non, et souvent de façon inattendue, paraît-il. Je sais même me repasser les petits films de ma vie pour en rire une fois encore, en les racontant ou même seule, il peut arriver que ce soit en pleine rue, de nos jours ça n’étonne plus personne, le monde vous croise, et vous croit au téléphone…

Pas question de sous-estimer le rire. Ou de le faire passer pour vulgaire. Il est parfois une solution. Au chagrin, au souci, au manque, à l’absence. Certes c’est éphémère, ça ne dure qu’un moment, mais c’est toujours ça de gagné sur ce qui nous préoccupe trop, nous meurtri même parfois.

Mes enfants me font beaucoup rire. On dirait même que le second avait décidé depuis qu’il était tout petit que ce serait son rôle auprès de moi, de me faire rire. Enfant, il disait: « Oh, maman, elle est facile à rire…  » Aujourd’hui il dit me faire gagner chaque jour des minutes de vie, en m’amusant. Et je veux bien le croire. En riant, on fustige les angoisses mortelles, on exorcise les peines, l’espace d’un instant.

<< On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde >> Disait Desproges. L’humoriste qui, souvenez-vous, n’hésitait pas à prendre pour sujet de plaisanterie des groupes aisément identifiables (les juifs, les coiffeurs…) ou des personnes clairement nommées (Rika Zaraï, Pie XII…) se méfiait malgré tout des gens aux idées trop extrémistes. Mais sûrement pas de ce moment délicieusement extrême où l’on rit aux éclats. Car c’est un moment où, comme dans la jouissance, toutes les défenses se fracassent, explosent en mille morceaux, et deviennent feu d’artifice.

<< L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire. >> Nietzche.

Et vous, rire vous aide-t’il?

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